Vol de nuit - Paul Castellano

Chaque semestre, les étudiant-e-s du Bachelor en Écriture littéraire ont l'occasion de réaliser un projet d'étudiant-e. De l'idée initiale jusqu'à sa présentation finale, les étudiant-e-s sont libres et autonomes dans la réalisation du projet. Paul Castellano, étudiant en 2e année, nous raconte comment son EP Vol de nuit a vu le jour.

Vous pouvez écouter la chanson "Vol de nuit" en cliquant sur la touche play du lecteur ci-contre.

© Paul Castellano

Pour mon projet étudiant de deuxième année, j’ai voulu lier ma pratique de l’écriture avec celle de la musique. J’ai donc décidé d’écrire, de composer et d’enregistrer quatre ou cinq chansons, sous la forme d’un ‘’Ep’’. Je ne l'avais jamais fait et l’idée me terrifiait. Pourtant j’écris des textes depuis longtemps et j’ai toujours aimé composer de la musique. J’avais dans l’idée de mélanger des éléments de musique moderne - rap ou électro - avec des éléments plus anciens de chanson française ou de bossa nova.

Le processus de création s’est fait de manière différente d’une chanson à l’autre : parfois le texte venait en premier, mais la plupart du temps, je suis parti d’une série d’accords que je trouvais à la guitare pour composer toute la partie instrumentale, les batteries, les synthé, les basses etc. Il fallait ensuite trouver une mélodie à la voix qui marchait bien et enfin écrire un texte. J’ai eu beaucoup de difficultés au départ à trouver les thèmes et la langue juste pour ces chansons : d’une part je voulais qu’il y ait une certaine oralité, et d’autre part, je voulais suggérer des images poétiques mais sans que cela ne sonne trop ‘’précieux’’.

L'élément libérateur a été de partir d’une chanson d’Henri Salvador. Une bossa nova que chantait mon père quand j’étais petit. En la retravaillant je lui ai donné une esthétique plus moderne, plus trap. J’aimais l’idée que la couleur du texte change en fonction de l’instrumentation : le texte de la chanson d’Henri Salvador devenait plus sombre, plus vindicatif et ça donnait vraiment un sens ‘’d’interprétation’’ à la reprise. Je me suis rendu compte que la langue de cette chanson avait quelque chose qui me plaisait et c’est vite devenu mon fil rouge. 

Finalement, il se dessine une forme de cohérence entre les différentes chansons qui parlent beaucoup de l’hiver, de la fin des choses, d’une quête de calme et de lenteur. Ces thèmes reviennent beaucoup en ce moment dans mes textes d’atelier et de mentorat. Les chansons doivent encore être mixées et je pense qu’il me faut en écrire beaucoup plus si je veux atteindre un meilleur résultat, mais c’était pour moi une découverte et j’ai pris un réel plaisir à jouer avec les sons et les mots.